(N) Noirs au Pérou
Le Pérou est un pays fascinant du point de vue du brassage des cultures. Il existe ici un terme pour désigner tout ce qui relève de ce mélange : “Criollo”. Il y a la cuisine “criollo”, la musique “criollo”, l’art “criollo”, les expressions “criollo” qui mêlent les influences africaines, asiatiques, européennes et américaines.
La question du métissage sera d’ailleurs sans doute l’objet d’un prochain article car c’est pour moi l’une des révélations du continent latino-américain : celui des brassages des cultures et du métissage des populations.
L’avenir du Monde est sans doute ici, dans ce mélange des origines et des cultures…
Pour autant, si le métissage s’exprime à travers un certain nombre de domaines, il existe au Pérou des clivages assez nets au sein de la population… Bien évidemment, depuis la conquête espagnole, des mélanges ont eu lieu entre les personnes aux origines diverses. Mais il existe particulièrement dans ce pays comme des frontières invisibles au sein de la population suivant ses origines. Ainsi, on trouve très facilement des entités distinctes “asiatiques”, “indigènes”, “européennes” et “africaines”. Pour cette dernière, le qualificatif utilisé au Pérou est celui d’”afrodesciendentes”.
Cette catégorie de population issue du continent africain m’a bien évidemment particulièrement intéressé. Il se trouve que 2011 a été consacrée année internationale des afrodescendants et au Pérou et il existe un mouvement afro-péruvien assez bien structuré et revendicatif qui a notamment travaillé au cours de ces dernières années pour la reconnaissance de sa culture et de son histoire.
Il y a à Lima un petit musée afro-peruano qui retrace cette histoire à travers une exposition photo dans laquelle on appprend que les premiers africains sont arrivés comme esclave au Pérou en 1534, dans les “bagages” des premiers conquistadores et qu’ils ont servi à l’exploitation des ressources agricoles et minères dans des conditions épouvantables. Affranchie en 1854, ils ont ensuite été rejetés de la société et ont du se débrouiller pour survivre.
Il existe encore aujourd’hui une “identité noire” forte qui se revendique comme péruvienne. La situation sociale des afro-péruviens reste encore difficile, même si des progrès sont enregistrés en termes d’accès à l’emploi et à des postes à haute responsabilité. Une afro-péruvienne a ainsi été nommée ministre pour la première fois dans le précédent gouvernement Humala qui a été dissout il y a 1 mois.
On trouve ainsi au Pérou quelques quartiers et petites villes peuplées majoritairement de noirs… Ce sujet sera sans doute l’objet d’un article plus conséquent dans quelques mois.
En attendant, un court extrait de Lucha Reyes, afropéruvienne et véritable icône au Pérou.
http://www.youtube.com/v/oW96OOMwdaE
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