Coopérant ou volontaire. La quête de sens

ane-et-charrette1.JPGDe retour de Côte d’Ivoire en 1995, j’ai eu quelques lectures “latino-américaines” (dont “Les veines ouvertes de l’Amérique Latine” d’Edouardo Galeano que je viens de relire) et l’ouvrage d’un coopérant de retour du Pérou, François Gresleou “Le coopérant, missionnaire ou médiateur : rencontres de cultures et développement dans les Andes : un témoignage, Syros, 1994).

Dans cet ouvrage relatant son témoignage, l’auteur fait part de l’évolution dans son engagement en tant que coopérant dont voici quelques extraits sélectionnés par Bernard Lecomte du GRAD de Bonneville.
(1971)”Enfin, je vais partir comme agronome au Pérou et donner un sens à ma vie en la mettant, au moins pendant deux ans, au service de ceux qui sont dans le besoin; les paysans andins.”

(1983)”Pourquoi ? Où est la faille ? Même si on tient compte du grand nombre et de la diversité des demandes formulées par la population - ou plus exactement par des groupes informels plus ou moins nombreux de paysans - notre intervention continue à mettre au centre, à choisir comme angle d’attaque nos propositions, nos solutions, nos actions et notre programmation. Et notre objectif d’appui à l’organisation consiste à faire à peu près la même chose qu’avant, c’est-à-dire transmettre nos savoirs à des paysans ignorants”.

(1990)”Mon rôle, en tant que “coopérant-colporteur”, a été d’apporter (à ce monde arriéré considéré comme un “vide” à remplir) ce qui, à nos yeux, pouvait lui être utile pour, au début, le développer et, par la suite, pour qu’il se développe. Or, derrière le monde andin (qui boude les unes après les autres nos propositions)(…) se cache un monde qui possède un potentiel propre et global. C’est un “plein”. (…)Patient, il nous a toujours accueilli, même s’il ne nous a jamais rien demandé. Force est de constater qu’il n’a qu’un souhait, qu’on le laisse tranquille”.

(1993)”Alors que devient le volontaire, le coopérant ? Partant du principe que si les deux parties en présence sont des “pleins”, elles possèdent chacune des richesses spécifiques qui pourraient être utiles à l’autre. Pour le moment, le Nord est encore trop orgueilleux pour admettre qu’il est malade, bien trop présomptueux pour accepter une coopération qui viendrait du Sud. C’est le rôle de l’ex-coopérant que de contribuer à inverser (le sens)de la coopération. Redonner son vrai sens au terme “coopérer”, c’est à dire “opérer ensemble” (…)”


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