Tom au Pérou

octobre 25th, 2012

Le Pérou, c’est incroyable

Je vis une aventure

Je vis un voyage

Je vis une expérience

J’ai une grande chance

Mais maintenant, c’est terminé

Je dois partir en France

Mais je penserai toujours au Pérou

                   Tom Delhommeau, Lima, le 23 octobre 2012

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The End

Francia donde esta ?

octobre 22nd, 2012

Peru donde esta ? était le titre de ce blog. Je le clos avec cette photo que j’aime particulièrement et que chacun interprètera a sa façon. 

Anne-Sophie, Maxime, Tom et moi rentrons en France le 26 octobre prochain, sans la poule mais avec des tonnes de souvenirs et d’images. 

Arriba Perú !! Gracias por tu acogida … Que te vaya bien y hasta la vista !!

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The End

Villa El Salavador

octobre 6th, 2012

Comme toutes les mégalopoles des pays du Sud, Lima a ses quartiers populaires qui s’étendent à perte de vue à la périphérie de la ville. Ici, on les appelle les “Pueblos jovenes”, les “quartiers jeunes”. Ils ont chacun leur propre histoire, leur propre organisation mais partagent la même réputation. Celle de quartiers dangereux dans lesquels il est déconseillé de s’aventurer …

Villa El Salavador est l’un de ces quartiers de Lima. Situé au sud de la ville, il borde le Pacifique et regroupe près de 400.000 personnes.

Samedi 30 septembre, 8 h 39 min et 9 secondes. Je suis sur le quai de la gare pour prendre le train qui dessert Villa El Salavador.

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J’ai rendez-vous avec Andres, jeune péruvien habitant le quartier qui m’a proposé de me le faire visiter. Andres aime Villa el Salvador, dont il connaît toute l’histoire qu’il aime partager avec les étrangers de passage.

Arrivé sur place, il m’invite à partager un Ceviche, spécialité péruvienne de poisson cru mariné dans du citron vert.

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Nous allons ensuite “là ou tout a commencé” dans les années 80, quand les premières personnes sont arrivées, fuyant les Andes en proie à un terrible conflit opposant le sentier lumineux à l’armée péruvienne. Dès le départ, une “comunidad urbana autogestionaria” est mise en place afin de répartir les terres entre les arrivants mais surtout pour planifier l’organisation du quartier. Des carrés, que l’on appelle “cuadritos”, sont tracés dans lesquels on installe une école, un terrain de jeu et un parc. Tout Villa El Salavador est ainsi organisé en “cuadritos”, lui conférant une originalité que des sociologues et des urbanistes du monde entier sont venus observés.

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Villa El Salvador est le quartier de Maria-Elena Moyano, dont j’ai eu l’occasion de parler lors d’un précédent article. Andres m’emmène sur le mémorial qui lui est dédié.

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Tout autour, des fresques rappellent que les luttes qu’elle a menée restent d’actualité.

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Villa el Salvador est en effet un quartier dans lequel la solidarité et l’entraide entre les habitants sont des valeurs partagées. Malheureusement, me dit Andres, ces valeurs se perdent. Le « chacun pour soi » gagne du terrain. En tournant la tête, mon regard croise des panneaux publicitaires géants, dont le quartier est envahi.

Comme un clin d’œil à ce qu’Andres vient de me dire, je tombe sur l’un deux qui met en scène le footballeur argentin Lionel Messi, vantant les mérites d´une boisson énergisante.

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The End

Cajamarca (Conga no va !)

septembre 25th, 2012

Cajamarca est une ville du nord du Pérou, foyer d’un conflit qui oppose depuis plusieurs années les communautés paysannes locales a une multinationale, Yanacocha, qui exploite dans les campagnes environnantes des mines d’or, troisième plus grand pôle d’exploitation au monde et premier en Amérique Latine.

Je prends quelques jours de congé pour y passer un peu de temps et comprendre ce qui s’y passe. Et je suis “gâté” car dès mon arrivée à Cajamarca, je tombe au milieu d’une manifestation contre la mine qui se déroule sur la “plaza de armas”.

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Le conflit est reparti de plus bel depuis que Yanacocha a obtenu des autorisations pour étendre son projet qui porte le nom de Conga. Installée depuis 18 ans dans la région, l’exploitation de la mine déverse chaque jour dans les rivières et les lacs de la région des milliers de litres d’eau contaminés au mercure, nécessaire à l’extraction de l’or. Malgré les promesse de la multinationale de ne plus contaminer l’eau et de respecter les normes environnementales, la population n’est pas dupe et se mobilise en nombre. Les “agua si, oro no !” et autres “Conga, no va ! ni hoy, ni nunca !” retentissent en coeur chez les leaders politiques et les femmes paysannes, venues très nombreuses à cette manifestation.

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Comme à chaque manifestion au Pérou, la présence policière n’est pas discrète, voir même dissuasive dans une ville où 5 personnes ont trouvé la mort depuis 1 an lors de rassemblements contre le projet Conga.

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Dans l’auberge oú je loge durant ces trois jours se déroule un atelier en direction d’enfants. Il est organisé par une ONG péruvienne, MANTHOC,  qui défend le thème du travail des enfants et leur propose chaque samedi des ateliers d’animations et de formations. Les enfants ont entre 8 et 14 ans. Parmi eux, j’en remarque un qui me ressemble quand j’avais son âge : mêmes yeux bridés, mêmes cheveux noirs et raides, même peau mat. Je m’approche de lui pour lui parler. Il écrit son prénom et s’appelle David: l’espace d’un instant, je suis cet enfant péruvien …

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The End

Pérou / Argentine… Si, se puede !

septembre 12th, 2012

La date du 11 septembre est cochée de puis longtemps dans mon agenda. En Amérique latine, c’est une date anniversaire importante : celle de l’assassinat en 1973 du Président chilien Salvador Allende par les “sbires” du général Pinochet mais également, et de manière beaucoup plus anecdotique, la date de la rencontre Pérou / Argentine, qualificative pour la coupe du Monde 2014 au Brésil.

Nous allons avec Maxime au stade national de Lima où se déroule la rencontre, munis de nos deux billets négociés au marché noir. Nous sommes placés dans le virage sud, là où se trouvent les supporters les plus fanatiques. Nous arrivons deux heures avant la rencontre et l’ambiance est déjà incroyable… Les supporters sont “chauds-bouillants”, emportés par l’enjeu de la rencontre mais également par la qualité de l’adversaire. L’équipe d’Argentine est une très bonne équipe, qui plus est composée … d’argentins, dont l’image et la réputation ne sont pas des meilleures au Pérou… bref, nous avons tous les ingrédients pour assister à une rencontre “chaude” et nous n’allons pas être déçus.

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Avec Maxime, nous sommes emportés dans l’ambiance, reprenant les “si, se puede” et “esta noche, tenemos que ganar” qui nous filent un frisson quand ils sont repris en coeur par 45.000 personnes. Je m’abstiens sur les “hijos de putas” adressés à l’encontre des argentins, et observe Maxime du coin de l’oeil qui n’a pas la même retenue.

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Nous assistons à un match incroyable, les péruviens menant rapidement 1-0 au score, après avoir manqué un pénalty dès la deuxième minute. Nos voisins argentins sont décomposés, et surtout isolés au milieu de milliers de péruviens déchaînés. A 1 partout, l’ambiance reste “caliente” dans un match où les actions et les occasions en faveur des péruviens se multiplient. Messi, l’idole argentine, est transparent.

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La partie se termine sur un score de parité, 1-1. Ce qui devrait être une évènement, celui de ne pas avoir perdu contre les argentins, est ressenti par les supporters comme une énorme déception.

A la sortie du stade, Maxime me confie qu’il n’oubliera jamais cette soirée. Nous avons en effet assisté quelque-chose d’unique, qui va bien au delà du football.

The End

Amazonie (La Selva)

août 21st, 2012

Au Pérou, l’Amazonie couvre les deux tiers du territoire national. Autant dire qu’il semble difficile de ne pas y passer quand on sillonne le pays… Et pourtant, cette zone est difficilement accessible, cachée derrière la sierra, c’est-à-dire au-delà des montagnes qui se dressent à des altitudes frôlant les 6000 mètres.

Avec deux collègues péruviennes de la CEAS, nous partons pour 6 jours à Santa Clotilde, village situé sur le Rio Napo, à 6 heures de bateau d’Iquitos, dans le nord du pays.

Iquitos est une ville qui ne peut-être ralliée que par avion. Elle doit son expansion à la récolte du Caucho (caoutchouc) dans la selva de la moitié du 19 ème siècle jusqu’au premier tiers du 20 ème siècle. Cette matière a fait la richesse des Caucheros et de l’industrie européenne, à l’inverse des indiens d’Amazonie réduits à l’état d’esclavage ou contraints au travail forcé dans des conditions épouvantables.

Nous quittons Iquitos au petit matin, assistant depuis notre bateau à des scènes de vies qui font le quotidien du Rio et de ses rives.

Des gros bateaux remplis de vivres, de voyageurs et parfois d’animaux sauvages vendus en contre-bande, naviguent sur le Rio à une vitesse réduite.

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 Des pêcheurs artisanaux se laissent dériver sur l’eau sur des barques en bois, plates et longilignes.

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Sur les rives, nous croisons des villages regroupant quelques habitations sur pilotis et aux toîts de chaume, typique de l’habitat amazonien.

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 Arrivés à Santa Clotilde, nous sommes accueillis par le Padre Roberto qui coordonne avec son équipe la semaine paroquiale , évènement qui regroupe les habitants des Rio Napo et Cararay.

Nous apprenons que certains d’entre eux ont mis 3 jours de bateaux pour assister à cet évènement.

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 J’accompagne Karina et Tatiana, toutes les deux avocates, et qui animent un module de formation sur le thème de la défense des droits. L’objet de la semaine parroquiale est en effet d’offrir une série d’ateliers et de rencontres sur le thème de la résistance. La période du Caucho est régulièrement évoquée, comme une mémoire dont il faut conserver la trace en respect aux anciens mais également comme un rappel pour que ce qui s’est passé ne se reproduise plus jamais.

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Lors de cette semaine, il s’agit de donner aux habitants de la zone des outils et des savoirs pour défendre leurs droits, face notamment au dépeçage en règle de l’Amazonie auquel se livre l’Etat péruvien pour exploiter les ressources du sous-sol (dont le pétrole). Côté péruvien, 80 % du territoire est ainsi en concession à des entreprises, le plus souvent multinationales.

 La semaine est ponctuée de temps festifs et de temps de communion qui se réalisent tous sous le signe de la religion. La messe est dite en Kichwa, langue dérivée du Quechua et l’église devient le soir un espace de diffusion de documentaires au ton politique, abordant notamment le thème du pillage des ressources par les entreprises multinationales.

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Je quitte Santa Clotilde par le même bateau qui nous a transporté jusqu’à ce village de la selva. Sur le chemin du retour, je revois en image tous ces moments partagés avec des hommes et des femmes dont le quotidien et la vie sont à mille lieux de ce que je connais. Ces images se bousculent avec celles du retour, ou le spectacle de la vie sur le Rio Napo reste captivant.

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The End



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